Auteur :
Pierre-Clément
Directeur de la publication
Riot Games a détaillé le 30 septembre 2026 le fonctionnement du système anti-boost de Vanguard. Testé pour la première fois sur League of Legends en septembre 2025 puis adopté par VALORANT, il détecte notamment lorsqu’une part importante du classement d’un compte a été obtenue par un joueur plus expérimenté qui s’y est connecté. Depuis la fin de 2025, Riot affirme avoir pris des mesures contre 296 416 comptes sur les deux jeux pour manipulation du classement.
D’après FFR Community, près de 300 000 comptes étaient déjà concernés. Le dossier détaillé publié ensuite par Riot reprend le chiffre exact de 296 416 et permet surtout de préciser la nature des mesures prises : tous ces comptes n’ont pas été bannis définitivement.
Lorsqu’un compte a été boosté, Riot peut annuler les points ou récompenses obtenus artificiellement, rétablir son classement antérieur et appliquer une suspension temporaire, dont la durée augmente en cas de nouvelles infractions. Un compte acheté ou dépourvu de véritable propriétaire et utilisé comme smurf peut en revanche être banni définitivement. Les boosters identifiés peuvent également subir des suspensions de plus en plus longues sur leur compte principal, tandis que les joueurs ayant régulièrement profité de ces pratiques peuvent perdre le rang ainsi obtenu.
Sur VALORANT, ces sanctions sont déployées depuis le patch 13.01 du 14 juillet 2026. Riot y annonçait de nouveaux outils de détection et des mesures pouvant comprendre des suspensions, des rétrogradations et l’annulation de récompenses classées. Ces dispositions figurent dans la partie « Toutes les plateformes » des notes de mise à jour et concernent donc VALORANT sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S.
Le bilan de Riot apporte également une distinction importante entre compte alternatif et smurf malveillant. Selon l’éditeur, environ 9 % des comptes utilisés quotidiennement en mode Classé sur League of Legends ou VALORANT correspondent à des comptes sur lesquels le joueur n’utilise pas son compte principal. Ce total comprend aussi les comptes partagés ou piratés utilisés par une autre personne ce jour-là.
Riot indique que moins d’un tiers de ces comptes alternatifs peuvent réellement être rangés dans la catégorie des smurfs malveillants, notamment ceux destinés au boosting ou au contournement de sanctions. La majorité correspond à des comptes alternatifs que l’éditeur ne cible pas directement avec son système anti-boost.
Un joueur peut ainsi créer un second compte, le faire progresser lui-même et l’utiliser sans être automatiquement sanctionné. Sur VALORANT, Riot autorise explicitement les comptes alternatifs créés et développés par leur propriétaire, ainsi que les groupes d’amis aux rangs très différents. Le compte ne doit cependant pas être partagé, acheté, emprunté ou volontairement déclassé afin d’obtenir des parties plus faciles ou de faire progresser artificiellement d’autres joueurs.
La distinction repose donc principalement sur l’utilisation du compte. Partager ses identifiants avec un service de boosting, payer un joueur pour progresser avec un smurf, prêter un compte moins bien classé à un ami plus expérimenté ou perdre volontairement afin de diminuer son rang font partie des comportements explicitement visés par Riot.
Riot veut également agir en amont de la création et de l’utilisation des comptes destinés au boosting. L’éditeur annonce l’arrivée de conditions de connexion supplémentaires destinées à mieux vérifier l’authenticité des joueurs et du matériel utilisé pour accéder à ses jeux compétitifs.
Parmi les mécanismes cités figurent l’authentification multifacteur (AMF), TPM 2.0 et l’attestation matérielle de Vanguard. TPM 2.0 n’est pas entièrement nouveau dans l’écosystème de VALORANT : Riot l’exige déjà sur Windows 11 et peut également le demander sur certaines configurations Windows 10. Le projet présenté le 30 septembre consiste à étendre l’utilisation de ce type de vérification comme condition d’accès selon les situations.
Riot indique que les dates d’entrée en vigueur de ces nouvelles conditions ainsi que les rangs auxquels elles s’appliqueront seront communiqués ultérieurement. Le système anti-boost doit parallèlement continuer à être étendu dans les mois à venir, avec l’objectif de réduire l’intérêt des comptes achetés, partagés ou utilisés comme intermédiaires par les services de boosting.
Crédit image : Riot Games / VALORANT.